Autour de soi tout change, comme lorsque l'on est sur un manège et que l'on regarde les gens sur le côté, qui défilent sans cesse, et qui au final ne ressemblent guère plus qu'à des fantômes...
Sauf que cette fois, le fantôme c'est moi, la personne qui ne bouge pas, c'est moi.
Et une bonne partie de mon entourage semble adorer les manèges. Je les vois passer, et ils semblent s'éloigner. Bien sur il reviendront sur la terre ferme. Mais ils auront été enivré par le manège, et voudront goûter à nouveau à cette sensation d'échapper au destin, à la vie routinière que la terre ferme peut promettre à tous.
Pour ce qui est de l'herbe, car c'est par là que tout devait commencer...
L'herbe que l'on se fait couper sous le pied. Habituellement j'aime cette odeur d'herbe fraîchement coupée. Mais cette fois elle a un goût amer.
Au moment où l'on comprend qu'une personne est montée dans le manège et que jamais elle n'en descendra, au moment où l'on se décide à se raisonner, que l'on l'oublie petit à petit, une belle poignée d'herbe verdoyante qui vous tendait les bras (ou pas...) vient juste de se faire décapitée par on ne sait quelle tondeuse à gazon qui doit certainement être une habituée des étendues d'herbe à couper sous les pieds des gens qui eux veulent l'entretenir, la rendre plus verte que verte.